Trop c’est trop!

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Trop c’est trop!

Suis-je la seule à avoir la tête trop pleine? Acheter ceci, penser à cela, replacer ceci, écrire cela… la liste n’en finit plus de s’allonger! Oh une idée pour ceci, un changement pour cela, penser que demain c’est une journée pédagogique, ne pas oublier de répondre à ce courriel urgent… ça y est, mon cerveau surchauffe! J’ai presque l’impression de voir de la fumée s’échapper de mes oreilles!

C’est à ce moment très précis que mon hamster s’emballe et que je tombe en mode panique. J’en viens à ne plus savoir quoi penser entre les mille choses à faire ou à régler et les idées de génie qui viennent ajouter leur grain de sel à l’improviste. C’est comme une spirale ascendante ou des sables mouvants. Plus la roue tourne, plus je m’enfonce sous les décombres de mes pensées.

À un certain point, ça devient incontrôlable. J’empile, j’ajoute, je tourne d’un côté, tourne de l’autre, je suis partout et nulle part ayant l’impression d’être ainsi plus efficace. Et plus je cours ainsi, plus ça bouillonne en dedans. Ça se mélange, ça me dérange au point où j’ai l’air d’un lion dans la cage de mes pensées tourbillonnantes. J’en viens même à manquer d’air! J’ai beau changer de pièce, elles me suivent. Difficile de les semer. Il faut dire qu’elles ne se laissent pas mettre de côté facilement.

J’ai tout essayé: faire une promenade, du ménage… rien n’y fait! C’est comme si tout s’accumulait en un amoncellement de mots. Pas étonnant que je ressente un sentiment d’étouffement! Trop, c’est trop! Une demande de plus et je m’écroule assurément. Ce scénario peu attrayant ne me laisse pas beaucoup de choix.  Il n’y a pas mille façons de me libérer de cet état de panique général: je dois extraire ces pensées encombrantes qui me harcèlent au point de me faire perdre mon temps en m’entrainant malgré moi au niveau zéro de l’efficacité.

Déjà que je prenne conscience de tout ça est un bon départ. Ma tête n’est pas moins pleine, mais mon niveau de panique semble se stabiliser, lui qui s’emportait joyeusement quelques instants plus tôt. Rassurant tout de même.

Mais comment faire le vide? Mes yeux se posent alors sur un bloc de papier et des crayons qui, comme à l’habitude, traînent sur mon bureau. Dans ma panique générale du trop plein, je ne les avais même pas remarqués! Tout devient soudainement clair! J’avais ma solution à portée de main pendant tout ce temps! À essayer d’être partout et de tout faire, j’ai perdu pas mal de temps. Qu’importe, il faut maintenant que ça sorte!

Dans un élan quasi désespéré, je m’empare d’un crayon et entreprends de me vider le cerveau de l’amassement compulsif que je lui ai fait subir. Je ne parle pas ici d’une liste de choses à faire qu’on écrit en réfléchissant tranquillement, oh que non! C’est une explosion de mots qui noircissent le papier dans un débit frénétique. Je dois avoir l’air d’une possédée. J’écris, j’écris, j’écris…. puis le flot des mots ralentit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à écrire. Je ferme les yeux, sondant mes pensées à la recherche d’une quelconque trace. Je constate plutôt je respire à nouveau.

J’ouvre les yeux, je regarde ma feuille. Ce qui est écrit n’a soudainement plus une aussi grande importance. Je la dépose sous de la pile… j’y reviendrai bien plus tard. Pour l’instant, j’éteins le mode panique et m’installe pour écrire ce que je viens de vivre tout doucement…un mot à la fois! Car je ne suis certainement pas la seule à avoir la tête trop pleine.

2 mai, 2016|3 Comments

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

3 Commentaires

  1. Perry 2 mai 2016 à 8:26 ␣- Répondre

    Excellent article pertinent Marie-Josee ! Je me vois tres bien dans cette situation et moi aussi j’ai développé le muscle de l’écriture spontanée et défoulante qui me permet d’évacuer le trop plein !
    Depuis ma lecture de Liberez votre créativité de Julia Cameron je pratique cette technique puissante, je devrais l’appliquer encore plus ces temps-ci , tiens je vais y aller à l’instant ! Merci encore pour ton excellent article..,tu es vraiment sur ton X et ta couleur unique, tu gagnes a etre connue et découverte de miliiers de personnes ! Continue de nous inspirer :)

    • Marie-Josée 2 mai 2016 à 8:51 ␣- Répondre

      Merci Perry! Je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule et encore plus heureuse de savoir que le truc que j’utilise est aussi le tien. Le livre dont tu parles, je l’ai dans ma bibliothèque, il est sur ma liste à lire prochainement. Merci d’avoir pris le temps de commenter et d’apporter ta couleur unique à ma réflexion ;)

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