La pression de Noël

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La pression de Noël

Une histoire de prise de conscience

Début décembre, le temps est frisquet. En ce début de soirée, le grand froid du Nord ne semble pas vraiment pressé de se montrer le bout du nez. Pour tout vous dire, ça me convient. J’aime bien le temps ambivalent typique d’un début de saison. Un peu comme si l’automne et l’hiver se courtisaient ouvertement sans arriver à se dire au revoir.

En temps normal, je serais déjà installée confortablement, un bon thé bien chaud à la main, en remerciant la vie pour cet instant de grâce. Mais, ce soir, j’ai besoin de prendre l’air. Je pense que c’est toute cette pression reliée à Noël et à sa course incessante qui me force à vouloir reconnecter avec moi-même et semblerait que de rester assise à contempler l’extérieur par la fenêtre ne soit pas assez. J’ai besoin de bouger un peu pour y voir plus clair.

J’enfile donc mon manteau et tout l’attirail nécessaire et, en deux temps trois mouvements, je me retrouve dehors à trouver que le temps frisquet est peut-être un peu plus froid que je l’avais imaginé de l’intérieur. Une bonne raison pour me mettre en marche.

Évidemment, il ne faut que quelques pas pour que mon esprit se mette à vagabonder joyeusement d’une idée à l’autre en essayant de faire le tri de tout ce que j’ai dans la tête. Il n’y a pas à dire, c’est un véritable fouillis! Une liste de cadeaux par-ci, une invitation de l’autre côté, une réception à organiser dans un racoin… il n’y a pas un millimètre qui ne soit pas occupé. Je peux bien avoir besoin de m’aérer l’esprit!

Au fil de mes pas, la raison de ma soudaine évasion me revient : la pression reliée à Noël. Nous sommes à peine au début décembre que déjà, la cour est pleine. Ce n’est définitivement pas comme ça que j’aime vivre le temps des Fêtes. Depuis quelques années déjà, j’essaie de plus possible de m’éloigner de cette fameuse pression d’être prête à temps sachant fort bien que j’arriverai au 24 décembre en même temps que tout le monde.

Elle vient d’où alors, cette pression? À première vue, je serais portée à dire de l’extérieur, mais je me mentirais à moi-même. Pour avoir vécu des Noëls zen par le passé, je sais très bien que je suis responsable de ce que j’accepte dans ma vie. Mais, j’ai beau le savoir, en cette soirée plus froide que frisquette, le constat me fait l’effet d’une droite bien placée :

Je suis responsable de ce que je laisse entrer dans ma vie…

Moi qui clame haut et fort qu’on a toujours le choix, je dois définitivement aligner les miens pour vivre ce que j’ai vraiment envie de vivre en cette période festive. Déjà, je respire mieux. De reconnaître que j’ai du pouvoir sur ma vie me fait un bien fou. Soudainement, l’air semble moins lourd et c’est avec espoir que je poursuis ma balade nocturne.

Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai l’impression d’avoir un regard neuf. Tout autour de moi semble plus beau. Je remarque les maisons décorées et je me surprends à en apprécier les détails. Je suis émerveillée comme un enfant qui vient de découvrir qu’il peut dire non et ainsi, influencer les choses. Ragaillardie par cette perspective, je presse le pas, mais pas pour me réchauffer, par envie de revenir à la maison pour mettre par écrit le fruit de ma réflexion.

J’imagine déjà ce que je vais faire en entrant : me préparer un bon thé. Celui-là même que j’ai laissé tomber un peu plus tôt. Il m’aidera à rester dans le moment présent alors je vais écrire ce que je veux et ce que je ne veux plus pour me rendre Noël plus agréable. Je prendrai soin de peser chacune des activités trop lourdes. Je verrai ainsi comment je peux m’adapter pour alléger ma vie et, ultimement celle de mes proches.  C’est un exercice tout simple que je recommande, mais, allez savoir pourquoi, je l’avais oublié dans ma tourmente festive.

Me voilà enfin de retour à la maison. En passant le pas de la porte, je réalise que j’avais oublié un petit détail : le froid! Et, quand on porte des lunettes, on perd la vue dès qu’on entre à l’intérieur! Je me surprends à rire de cette contrariété. Le thé attendra un peu, la liste également. Je ne peux pas ne pas vous raconter cette petite escapade, en ce soir de décembre plus froid que frisquet, qui m’a permis de prendre le recul nécessaire pour ouvrir les yeux. Ça semble drôle quand on a le regard voilé par la buée, mais reste que constat n’en est pas moins puissant :

Je suis responsable de ce que je laisse entrer dans ma vie…

Je sens que mon Noël sera très zen cette année. Et le vôtre? Qu’est-ce qui vous pèse dans les préparatifs des festivités de fin d’année?

5 décembre, 2016|Tags: |0 commentaire

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

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