Pas de panique!

Pas de panique!

Le mode « urgence » remis en question

Par Marie-Josée Guérin

Chaque matin, je me lève dans l’espoir de faire de mon mieux dans ce monde de performance où chacun veut être au premier rang le plus rapidement possible. Oh, ce n’est pas que j’échappe à la tendance populaire, au contraire! Je constate simplement à quel point le moindre grain de sable dans notre engrenage bien huilé et prêt à démarrer au quart de tour, peut engendrer un état de panique généralisé.

N’avez-vous pas l’impression que le genre humain a une tendance au drame perpétuel? Pensez-y! Dès que les choses ne vont pas comme prévu, le mode urgence est enclenché. Pourtant, quand on y pense, bien peu de choses sont réellement urgentes.

Le Larousse définit ce qui est urgent en parlant de ce que l’on doit s’occuper sans retard. Mais par rapport à qui, à quoi? Qui fixe les échéances? Les normes? Votre patron? Vos amis? Votre famille?

Urgent versus important

Or, le problème, c’est que les gens ont tendance à confondre « urgent » avec « important ». Pour moi, ce qui est urgent nécessite généralement une intervention médicale ou un super-héros aux pouvoirs phénoménaux. Donc, lorsqu’une personne vous parle d’urgence, pensez à vérifier ses signes vitaux et à évaluer son environnement immédiat pour vous assurer qu’elle n’est pas en danger. Une fois sa sécurité assurée, vous pouvez remettre SON urgence entre ses mains et passer à l’étape suivante afin d’en évaluer l’importance à vos yeux pour être en mesure de la traiter comme il se doit.

Ainsi il convient de se demander en quoi c’est important pour vous. À elle seule, cette simple question fera passer l’urgence en cours par le filtre de vos valeurs, de vos croyances, de votre éducation et de vos expériences de vie. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on a généralement tendance à prendre une urgence sur nos épaules si elle touche ce qui compte à nos yeux. Comme chacun possède son propre filtre, difficile de déterminer avec exactitude ce qui est vraiment siiiiiiii urgent que ça, d’où la confusion générale qui règne.

Oui, oui! De la confusion! À force d’être constamment en mode panique, il n’existe plus vraiment de frontières entre l’urgent et l’important. Si bien que le moindre grain de sable dans notre engrenage bien huilé finit par prendre la taille d’un caillou et ce, qu’importe la situation.

Ce n’est pas si grave

Ainsi, pour éviter une surdose de stress, il faut prendre conscience de l’importance que revêt une « urgence » à nos yeux. Pour ma part, si aucune vie n’est menacée, je commence par me dire que ce n’est pas si grave que ça et, automatiquement, le niveau de panique redescend d’un cran.

Une fois le tout relativisé, je me permets de prendre le temps d’évaluer ladite urgence afin de déterminer à quel point mon intervention est nécessaire. Suis-je la seule qui puisse le faire? Y a-t-il une meilleure personne que moi pour intervenir? Est-ce que ça peut être accompli à un autre moment? Y a-t-il moyen de faire autrement? Qu’est-ce que cela va m’apporter?

Et l’autre dans tout ça?

En évaluant l’importance d’une urgence à mes yeux, je permets à mon engrenage interne de continuer de fonctionner en lui évitant de s’emballer et de créer un blocage. Je suis alors disponible pour mieux comprendre l’importance de la demande aux yeux de l’autre pour ensuite établir un plan d’action qui conviendra de part et d’autre.

Car il est là le bogue : L’autre aussi a un filtre composé de ses valeurs, de ses croyances, de son éducation et de ses expériences de vie. Multipliez ça par le nombre d’êtres humains que vous croisez chaque jour et vous comprendrez bien vite qu’on ne s’en sort pas, si personne ne se calme.

Ainsi, chaque matin, je me lève dans l’espoir de faire de mon mieux. Je ne suis pas meilleure que quiconque, mais j’ai maintenant compris à quel point il importe de mieux comprendre ce qui est important pour moi afin d’éviter qu’une demande, quelle qu’elle soit, ne devienne instantanément, dans mon esprit, une urgence sans possibilité d’appel.

J’aimerais savoir comment vous avez tendance à réagir lorsqu’une « urgence » se présente à vous? J’ai hâte de vous lire en commentaire!

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

8 Commentaires

  1. Julie lit au lit 20 février 2017 à 7:27 ␣- Répondre

    Ton article tombe à point! Je me sens en mode pompier et ce n’est pas normal! Merci pour tes mots!

    • Marie-Josée Guérin 22 février 2017 à 7:25 ␣- Répondre

      Je pense que tu n’es pas la seule à te sentir comme ça ;)

  2. Johanne 26 février 2017 à 9:44 ␣- Répondre

    Tellement pertinent et c’est souvent un travers à corriger. Nous utilisons le mot urgent à toutes les sauces alors que ce n’est souvent pas urgent. Il faut s’arrêter sur les mots que l’on dit afin de s’enlever le poids que l’on se met inconsciemment sur le dos.

    • Marie-Josée Guérin 1 mars 2017 à 7:17 ␣- Répondre

      Tu as totalement raison Johanne! Qui plus est, j’ai même eu l’inspiration pour faire une suite à cet article au cours des prochains mois ;)

  3. micheline 3 mars 2017 à 6:44 ␣- Répondre

    Nous vivons dans un monde de performances, de competitions, ou tout ce qui compte c est l argent, la gloire, etc, et ceux qui ont qui ont les vraies valeurs a coeur le realise lorque la maladie les confronte (burn out, depressions,anxiete, ) merci pour cet article qui porte a reflexion

    • Marie-Josée Guérin 3 mars 2017 à 3:29 ␣- Répondre

      Effectivement Micheline. C’est important de nous rappeler que nous avons tous nos limites.

  4. micheline 9 mars 2017 à 2:41 ␣- Répondre

    Bonjour, en arret de travail a trop vouloir combler les urgences (service a la clientele) . L epuisement est venu a bout de la super woman

    :(……………merci pour l article qui me porte a reflechir sur mes prioritees

  5. Line Béliveau 3 septembre 2017 à 9:43 ␣- Répondre

    Bel article.
    Je me pose la question effectivement, est ce important pour moi. Que puis-je Y faire…
    Est ce que je peux et/je veux ymettrre mon énergie. Est ce que c’est mon urgence.
    Le recul sur la situation est une étape pour mieux avancer.

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