La nuit de tous les possibles

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La nuit de tous les possibles

« Ho! Ho! Ho! Un rêve ne se réalise pas comme par magie, il faut du temps, du travail et un plan d’action. Voici ce qui t’aidera à te lancer. Fais-en bon usage. Tu as tout ce qu’il faut pour y parvenir, je crois en toi.  Ton ami,  Père Noël »

Pour lire la première partie de cette histoire

J’étais encore sous le choc. Je ne sais pas si c’était d’avoir réellement reçu un cadeau directement du Pôle Nord ou de la déception de ne pas avoir reçu exactement ce que j’avais demandé. Je savais que ma réaction était immature. J’essayais de me raisonner, de trouver un sens à tout cela, mais mon esprit embrouillé par le sentiment d’échec ne pouvait en prendre plus. J’ai donc caché le calepin et le crayon reçus dans un tiroir et je me résolus à mettre tout ça de côté. Je me suis accroché un sourire au visage pour aller rejoindre ma famille. C’était le temps des Fêtes après tout!

Les journées se succédèrent à un rythme fou: un souper par-ci, une accolade par là, de la parenté de tous côtés, les enfants surexcités… Je n’avais pas une minute à moi pour penser ce qui était parfait, car je n’en avais pas du tout envie. Je m’amusais, du moins, en apparence.

Je savais que mon sourire et mon enthousiasme étaient faux.

Je m’efforçais d’être agréable, mais au creux de moi, le vide était encore plus présent. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais au fond, un miracle? J’avais ce rêve qui brûlait en moi plus que jamais et j’avais placé tout mon espoir dans une lettre? Pathétique, voilà ce que j’étais, pathétique! Le pire c’est que j’étais consciente que mon discours intérieur était destructeur. Je n’aurais pas dû ouvrir cette boîte de pandore qu’était mon rêve. Je vivais bien avant, du moins, en apparence.

C’est dans cette atmosphère de découragement festif qu’à la vitesse de l’éclair je suis passé de Noël à la veille du Nouvel an. Ce soir-là, comme à chaque année, nous devions recevoir famille et amis pour le traditionnel décompte de minuit. Il y avait de la fébrilité dans l’air. Même moi, qui avais été grandement ébranlée au cours de la dernière semaine, je me suis sentie revivre dans cette ambiance sous le signe du renouveau.

Les préparatifs allaient bon train. La maison sentait bon. Je me surpris même à fredonner.

En cherchant une spatule, je découvris le calepin et le crayon que j’avais reçus une semaine plus tôt. Soudainement émotive, je me suis assurée de laisser la cuisine aux bons soins de ma famille avant d’aller me réfugier dans ma chambre où je laissai aller le trop-plein accumulé, non pas depuis les sept derniers jours, mais depuis toutes ces années où je me suis menti à moi-même sans aucune retenue.

Au bout de mes larmes, je finis par relâcher le calepin qui, pendant tout ce temps, avait trouvé refuge auprès de mon coeur. En cet instant, l’image me sembla si puissante: tout était maintenant clair et évident. En cette nuit de tous les possibles, je venais de prendre la décision d’avancer en direction de mon rêve. Je relus la lettre du Père Noël avec une gratitude si profonde, j’avais enfin compris son message. J’espérais un miracle alors que, pendant tout ce temps, c’est moi qui avais le pouvoir de le réaliser.

J’ouvris mon calepin et je me mis à écrire encore et encore. Dans les moindres détails, je mis des mots sur mon rêve.

Le simple fait de le décrire me remplit d’une fierté encore inégalée à ce jour. Le premier pas était fait. J’avais toujours le pouvoir de reculer, mais je n’avais aucune envie de revenir en arrière. En refermant mon calepin, je me fis la promesse que l’année qui commencerait dans quelques heures serait différente des précédentes. Je souris à cette pensée sachant très bien que je mettais le pied dans ce qui allait être la plus grande aventure de ma vie.

Lorsque mon fils se glissa dans ma chambre quelques secondes plus tard, je me souvins qu’on devait peut-être me chercher. Il s’approcha doucement de moi avec son petit radar de naïveté:

– Maman, tu pleures?
– Non, ce sont des larmes de joie. Bonne année mon ange!
– Mais maman, c’est pas encore minuit!
– Je sais, mais aujourd’hui, c’est le premier jour de ma nouvelle vie.

Ceci n’est pas la fin, mais bien le commencement de tout! Que vous inspire cette histoire?

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

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