Moi, mon regard et le regard des autres…

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Moi, mon regard et le regard des autres…

Costaude, ronde, dodue, enrobée, en surpoids… tant de qualificatifs pouvant me coller à la peau. Tant que qualificatifs qui m’ont trop souvent freiné sur mon chemin de vie. Tant de qualificatifs réels, certes, mais au point de me définir? Il m’aura fallu vivre une expérience incroyable pour amorcer la réflexion que je vous partage aujourd’hui…

Cette histoire commence donc avec moi, mes yeux et mon miroir.

J’ai l’impression d’avoir devant moi ni plus ni moins que le vilain petit canard. Je me détaille du regard de haut en bas, puis de bas en haut. La vue d’ensemble, m’apparaît correcte, sans plus. Toutefois, si je m’attarde trop longtemps devant la glace et que je scrute chaque recoin de ma personne, les critiques mentales ne se font pas attendre!

Trop ci, pas assez cela. Je pourrais être un peu plus comme ci, un peu moins comme ça. Je me découvre des zones plus enrobées, des parcelles de peau moins charmantes… Je peux être une véritable garce de l’autocritique quand je m’y mets. Quiconque entendrait ce qui se passe dans ma tête à cet instant serait outré de tant de méchanceté. Car, oui, je suis trop souvent méchante. Mes propos acerbes n’ont généralement rien de constructif. Heureusement, je ne m’adonne pas à ce jeu mesquin trop souvent. Mais il m’arrive de temps à autre d’être ainsi quand je suis seule devant mon miroir…

Et il y a ces gens qui m’entourent  et qui m’assurent que je ne suis pas un vilain petit canard. 

Ils jugent que je me juge trop sévèrement. Pourtant, j’ai beau regarder dans le miroir, il me semble que j’y vois la même chose qu’eux, non? À moins qu’ils soient tous aveugles, ce dont je doute, j’avoue que leurs affirmations concernant ma personne m’ébranlent. Mais que peuvent-ils voir de si différent ? Serait-ce moi qui suis aveugle?

Puis, une opportunité se présente. En fait non, c’est plus une obligation : Je dois faire faire de nouvelles photos professionnelles. Après le dentiste, c’est selon moi l’expérience la plus désagréable au monde. Heureusement, la vie a mis sur mon chemin une personne incroyable : Isabelle. Amie de longue date, elle est aussi photographe spécialisée en image féminine. Ainsi, tant qu’à devoir me plier à l’exercice douloureux de jouer les mannequins d’un jour, autant le faire avec elle.

Le jour J, le vilain petit canard que je suis, se rend donc à reculons au studio. J’ai beau avoir confiance en le talent de mon amie, n’en reste pas moins qu’elle ne peut pas faire de miracle. J’ai vérifié juste avant de partir : Je n’avais pas changé d’un poil!

Mais ce qui m’attend ce jour-là est bien plus important qu’un simple shooting photo.

Ce n’est ni plus ni moins qu’un accompagnement vers une nouvelle perception de la personne que je suis. Sous la supervision avisée d’Isabelle, je me surprends à m’amuser. Entre deux clichés, on partage, on échange… je me sens bien.mjg_isaphotographie-10

Mais ce n’est rien comparé au moment ultime où je reçois les fameuses photos. Pas de surprise, je suis toujours costaude, ronde, dodue, enrobée, en surpoids… Ce n’est toutefois pas ce qui me marque tant. Pour la première fois, ces termes qui, jusqu’alors voilaient ma perception, passent loin derrière tout ce que je peux observer. Je me détaille du regard de haut en bas, puis de bas en haut comme si je me découvrais pour la première fois. Il n’y a aucune place  pour l’autocritique à cet instant. Je vois enfin comme les autres me perçoivent et j’aime ce que je vois : une personne allumée et passionnée qui a certes quelques kilos en trop, mais qui est sublime.

Je ne le savais pas, mais je me suis offert tout un cadeau : l’acceptation de qui je suis.

Ainsi, quand l’envie me reprendra de jouer la garce de l’autocritique, je pourrai me souvenir que ce que je vois n’est qu’une perception et non ce que je suis réellement.  Je suis moi, avec mes imperfections, mes zones plus enrobées et mes parcelles de peau moins charmantes, mais je ne suis pas pour autant un vilain petit canard.

 

De votre côté, trouvez-vous qu’il existe une différence entre la façon dont vous vous percevez et celle dont les autres vous perçoivent?

 

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

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