Le «bon moment» n’existe pas!

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Le «bon moment» n’existe pas!

Par Marie-Josée Guérin

La vie est faite de moments. Il y a ce moment, puis celui-ci juste à côté, un autre par ici et encore un autre… ça peut durer comme ça à l’infini! Comment alors savoir quel est le bon moment pour oser se lancer dans un projet qui nous tient à cœur ou pour prendre une décision qui fera une réelle différence dans notre vie? Pas simple comme question, j’en conviens.

D’ailleurs, c’est tellement complexe qu’il n’est pas rare que nous hésitons à aller de l’avant au cas où le moment suivant serait encore plus propice… plus parfait! Mais, voilà la vérité : le bon moment n’existe pas! Je sais, c’est difficile à assimiler, mais laissez-moi décortiquer un peu le tout…

Subjectivité, quand tu nous tiens!

Le problème en fait, c’est qu’il est difficile de faire consensus sur la notion de « bon moment ». La raison est simple : c’est une notion totalement et hautement subjective, c’est-à-dire qu’elle est sujette au fait que nous sommes humains. Or, comme je l’ai souvent dit, notre humanité fait en sorte que nous avons tout un filtre composé de nos valeurs, de nos croyances, de notre éducation et de nos expériences de vie. Un beau terreau fertile pour invoquer que ce n’est pas le bon moment tout en y croyant fermement.

Soi et les autres… quand la société s’en mêle!

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’y a pas que nous qui intervenons dans le processus de décision de se lancer ou non. N’avez-vous jamais été confronté à l’avis d’un proche qui ne voulait que votre bien en vous suggérant d’attendre le « bon moment » ?

Mais qu’est-ce qui dicte ce fameux « bon moment »? Outre, le filtre de nos valeurs personnelles, il importe aussi de tenir compte des valeurs de la société à laquelle nous appartenons. En effet, c’est bien souvent l’appréhension du regard collectif et de ce qui doit être fait de quand ce doit être fait qui oriente notre décision d’aller de l’avant ou non.

Les mille et une « bonnes raisons »

Quand on y pense et qu’on fait le calcul, il n’est pas étonnant de constater que la somme de nos valeurs et de celles de la société à laquelle nous appartenons consiste en une multitude d’excuses dont la pertinence ne peut que faire du sens à nos yeux. C’est bien là le danger!

En effet, le bien-fondé de chacune des mille et une bonnes raisons que nous évoquons pour justifier notre inaction ne fait pas de doute : trop vieux (c’est quel âge ça?), passez d’expérience (à partir de quand en a-t-on assez?), quand les enfants seront grands (grands comment?), quand j’aurai assez d’argent (combien?), lorsque je prendrai ma retraite (dans combien de temps?)… Ce sont toutes d’excellentes raisons justifiant, à nos yeux, que ce n’est pas le  « bon moment ».

Mais il y a un problème dans toute cette logique

Ce qu’il faut comprendre, c’est que toutes les raisons du monde sont justifiables. De ce fait, elles ont le pouvoir de nous mettre en mode attente. Le problème, c’est que lorsque le fameux moment tant attendu arrive, il n’est pas rare qu’une autre « bonne raison » prenne le relais et ainsi de suite paralysant du même coup toute possibilité d’aller de l’avant.

C’est pour cette raison que le « bon moment » n’existe pas. Aucune situation ne sera jamais assez parfaite. Il y aura toujours quelque chose qui cloche. Rendu à ce point, il prévaut de se questionner et de faire la distinction entre raison et excuse. Vous remarquerez que, jusqu’à présent, j’ai utilisé ces deux termes sans égard pour ce qu’ils représentaient. Toutefois, bien qu’ils soient facilement interchangeables, ils n’ont pas du tout la même portée.

Une vraie bonne raison

Une raison fait référence à une explication appuyée sur des faits indiscutables. Ainsi, je ne peux pratiquer la médecine si je n’ai pas, au préalable, terminé mes études dans ce domaine. Le projet d’ouvrir son propre cabinet est alors mis sur la glace. Il n’est ici nullement question du « bon moment », car l’achèvement des études ne garantit en rien que les conditions seront parfaites pour ouvrir un cabinet et y pratiquer. C’est un état de fait tout simplement.

Quand une raison devient une excuse

En contrepartie, une excuse réfère au même raisonnement, la logique indiscutable en moins. Si on garde le même exemple, il faudra aussi une certaine somme d’argent pour ouvrir ledit cabinet médical. Un médecin fraîchement diplômé devra certainement travailler quelque temps avant de se lancer. Toutefois, il peut aussi passer toute sa vie à attendre d’avoir assez d’argent. Au fil du temps sa bonne raison sera devenue une excuse pour expliquer son inaction et la justifier à ses yeux.

Car, c’est là que réside la clé pour cesser d’attendre un « bon moment » qui ne viendra jamais. Il faut d’abord comprendre et admettre qu’on se raconte bien souvent des histoires. En jouant avec le vocabulaire, il est possible de prendre conscience de cette stratégie. Pour la déjouer, il faut d’abord apprendre à se fier à notre instinct. En étant honnête avec nous-mêmes le « bon moment » se divisera en une panoplie d’excuses qu’il devient plus facile de balayer du revers de la main pour oser se lancer quel que soit le projet qui nous anime.

Au final, même en cas d’échec, nous aurons au moins la satisfaction d’avoir appris et grandis plutôt que de stagner dans le processus de réalisation de soi.  Car la vie est faite de moments : celui qui est bon pour vous, celui qui semble propice pour moi ou encore l’idéal dicté par nos proches ou la société. Entre raisons véritables ou excuses, il n’y a que notre perception qui compte. Il n’y a donc pas de « bon moment », il n’y a que le moment et c’est à nous de choisir de le saisir ou non pour aller enfin de l’avant!

Croyez-vous que le bon moment existe? En quoi cet article peut-il faire une différence dans votre perception du moment parfait pour oser se lancer?

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

Un commentaire

  1. Rachel Barrette 6 mars 2017 à 11:27 ␣- Répondre

    Merci Marie-Josée! Très intéressant et véridique!

    Rachel L’hirondelle

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