Le danger de la dernière minute

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Le danger de la dernière minute

Il faut bien être à la dernière minute pour écrire sur le danger qu’elle représente.  Mais rien ne vaut l’expérience pour raconter l’histoire que je m’apprête à vous raconter. Il s’agit de l’histoire d’une amie, d’une amie, d’une amie… on a tous ce genre d’amie!

Or, cette amie était, disons, auteure (toute ressemblance avec une personne connue serait purement fortuite). Donc cette amie auteure avait une imagination hautement débordante. Tant et si bien qu’elle avait constamment une nouvelle idée qui se pointait le bout du nez et qui émoustillait sa créativité.

Elle avait toutefois la fâcheuse tendance de noter ses idées ici et là selon le bout de papier ou le calepin qui lui tombait sous la main.

Ainsi plusieurs de ses merveilleuses idées se perdaient, mais, il n’y a pas si longtemps, il arriva qu’une soit assez importante pour survivre au-delà de l’écrit. Quand elle en parlait, on sentait à quel point ce projet la faisait vibrer. Mais quand on lui demandait comment le tout progressait, elle avait cette éternelle réponse qui en laissait plus d’un perplexe :

« Je sais ce que j’ai à faire,  toutes les étapes sont dans ma tête. Pas de soucis, je serai prête pour le grand jour. »

Si on osait lui demander si elle avait un plan, elle nous regardait avec un air incrédule semblant dire que tout était sous contrôle en marmonnant un vague oui. Pourtant, elle savait mieux que quiconque à quel point le plan était capital pour s’assurer d’arriver dans les temps avec un bon niveau d’énergie.

Mais elle avait le temps, il ne fallait surtout pas s’en inquiéter!

Elle accomplissait ses tâches selon son plan mental avançant somme toute bien, selon ses dires.  Elle ne se doutait toutefois pas que la dernière minute rôdait aux alentours la traquant telle une proie trop facile.

Invisible à l’œil nu, la dernière minute avait un avantage absolu sur son adversaire. Elle se délectait à l’avance de l’absence de plan écrit, sachant trop bien qu’elle aurait un plaisir fou dans quelques semaines. Mais pour l’instant, elle se contentait d’observer en dressant la longue liste des supplices qu’elle ferait subir à la pauvre auteure perdue dans l’océan de son insouciance.

Il en fût ainsi jusqu’au jour où cette dernière vit la date butoir se profiler à l’horizon.

Celle-ci était encore à une assez bonne distance, mais sa présence plus palpable commençait sérieusement à l’inquiéter.  C’est ce moment précis que la dernière minute attendait pour commencer à faire sentir sa présence. Enclenchant l’état d’urgence d’un claquement de doigts, elle n’avait qu’à laisser défiler le temps dans un tic-tac des plus agaçants pour optimiser son effet pervers.

De plus en plus inquiète, l’auteure se mit tranquillement à paniquer. Si bien qu’elle en perdit un à un tous ses mots.

Son esprit devenu embrouillé par la perspective de ne pas y arriver l’empêchait de prévoir efficacement ce qui lui restait à faire. Dans un élan de désespoir, elle finit par dresser une liste des tâches à accomplir. Réalisant l’ampleur du travail qui l’attendait, elle se mit à hyperventiler en quête de solutions magiques. Solutions qui, on s’en doutait tous, ne se pointèrent pas.

La dernière minute jubilait de bonheur. Le chaos régnait et l’aboutissement du projet était en péril.

Elle n’avait toutefois pas prévu que l’auteure finirait par se retrousser les manches pour redoubler d’ardeur afin de prouver à tous qu’elle pouvait encore y arriver dans les temps. Elle mit de l’ordre dans sa liste, établit des priorités, laissa tomber le superflu, délégua ce qui était possible et fonça droit sur son objectif.

Jour et nuit, elle travailla inlassablement aux risques et périls de sa santé. Elle était à la fois impressionnante et inquiétante à voir aller. Tout ceux qui avaient cru qu’elle n’y arriverait pas s’en retrouvèrent bouche bée lorsqu’elle présenta son projet complété le jour prévu. D’ailleurs l’histoire dit qu’elle a passé des jours et des jours à dormir suite à cette aventure.

À son réveil, elle se promit que plus jamais, la dernière minute ne l’attraperait dans ses filets.

Cette histoire est celle d’une amie, d’une amie, d’une amie.  Mais ça pourrait être la mienne ou la vôtre.  La dernière minute est cruelle et ne fait aucune discrimination. Sachez que pour la déjouer, il vous faut un plan détaillé sans quoi, elle n’aura aucune pitié à vous regarder vous brûler dans le dernier droit. L’amie de mon amie, de mon amie, de mon amie, l’a bien appris à ses dépends.

Quelles sont vos astuces pour éviter le danger de la dernière minute? Laissez-moi toute information pertinente en commentaires, je me chargerai de la transmettre à l’amie de mon amie, de mon amie, de mon amie…

18 juillet, 2016|7 Comments

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

7 Commentaires

  1. Danny KADA 18 juillet 2016 à 7:36 ␣- Répondre

    Merci beaucoup pour cet article qui nous parle en fait de procrastination dans le domaine de l’écriture ou d’un travail intellectuel.

    C’est vrai que le danger d’avoir un « travail » à rendre ou à préparer pour une date lointaine (qui nous paraît lointaine) c’est de ne pas se presser pour s’y mettre et d’attendre la fameuse dernière minute qui va provoquer stress et même parfois panique.

    Je crois qu’il y a des personnes qui ne donnent le meilleur d’elles-mêmes que dans l’urgence et qui sont incapables de préparer un travail ou d’écrire un livre ou un article si le temps ne leur est pas compté. Le stress – s’il n’est pas trop grand – va nous aider à nous dépasser.

    Mais pour beaucoup d’autres personnes, il s’agit de procrastination : toujours repousser à plus tard en trouvant bon nombre d’excuses : j’ai le temps, j’ai quelque chose de plus urgent à faire, je ne suis pas inspirée aujourd’hui, je préfère avoir tout un après-midi devant moi pour m’y mettre, etc.
    Et dans ce cas, le stress vécu au moment de la dernière minute est plus destructeur qu’inspirant. Sans compter que le fameux travail risque d’être bâclé ou même abandonné !

    Encore merci pour cet article qui fait réfléchir.

    • Marie-Josée 19 juillet 2016 à 9:06 ␣- Répondre

      Il est vrai que le stress de dernière minute peut être stimulant. Je crois toutefois qu’il faut être à l’écoute de ce qui se passe dans notre corps. Tout dépend également du projet. Plus il est gros, plus il demandera de la planification, surtout si d’autres intervenants sont appelés à y participer. Merci pour cette formidable réflexion!

  2. Sylvie 18 juillet 2016 à 7:39 ␣- Répondre

    Boy oh boy!
    La procrastination…. Je connais! La panique de voir tout ce qu’il y a à accomplir et vouloir tout laisser tomber parce que la tâche semble impossible.
    Je vis çà de temps en temps comme en ce moment…
    Ma solution: respirer lentement pendant quelques minutes puis faire une première liste des choses à faire, puis la refaire avec des priorités.
    Parfois, on procrastine parce qu’on n’est pas certaine, on manque de confiance et on se cache derrière les excuses…
    Mais il faut relever la tête et se dire que l’on est aussi intelligente que les autres. Que ce qu’on accompli, est bien!
    Bon j’avais besoin d’un « pep talk » ce matin!
    Janais mieux servi que par soi-même!

    • Marie-Josée 19 juillet 2016 à 9:01 ␣- Répondre

      Ce sont vraiment des bons trucs! Il est vrai que le manque de confiance peut mener à la procrastination.

  3. Julie lit au lit 18 juillet 2016 à 8:38 ␣- Répondre

    Mon journal où j’écris mes idées et mes planifs + avoir des attentes réalistes. Comme tout le monde, j’ai 168 heures par semaine et je dois dormir, manger et me laver au minimum!

    • Marie-Josée 19 juillet 2016 à 9:00 ␣- Répondre

      Avoir des attentes réalistes! C’est tellement important!

  4. Sylvie 19 juillet 2016 à 4:26 ␣- Répondre

    Quel beau texte. Ici on parle d’un travail à remettre et les conséquences du stress sur la santé de faire à la dernière minute. Mais c’est aussi vrai dans tout les domaines. L’arrêt du tabac, de l’alcool, les regimes, les activités physiques par exemple qui pourrait aggraver notre santé.
    Vraiment, cet article porte vraiment à réflexion sur les conséquences d’attendre à plus tard…!! Bravo et merci à l’auteur pour ce texte.

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