À l’aide, je dois déléguer!

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À l’aide, je dois déléguer!

« Je veux tout faire moi-même. C’est presque une fierté de le dire ainsi. Je suis certaine que les autres font des trucs très bien, mais je ne suis pas certaine que la tâche sera aussi bien faite que si je m’en occupe. Oh, je ne suis pas parfaite, mais j’aime que les choses soient faites à ma façon.

Telle une pieuvre acrobate, j’exécute mille et une pirouettes touchant à tout. Parfois ça me prend du temps pour obtenir le résultat souhaité, mais j’y arrive. Non sans peine, mais j’y arrive.

Je cours après mon temps et j’ai l’impression d’en manquer pour ce qui m’anime et me fait vibrer. Entre famille et boulot, je n’y arrive tout simplement plus.

À l’aide, je dois déléguer! »

Ouf! Quelle prise de conscience! Il fût un temps où ce discours était le mien. Je me croyais indispensable pour toutes les tâches du quotidien que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle. Personne ne pouvais faire les choses comme moi… ou plutôt aussi bien que moi.

Or, il est impossible d’être bon dans tout. Personne n’est parfait après tout! Mais, de tout évidence, je me croyais capable de tout faire selon mes standards de perfection. À vouloir tout faire ainsi, j’ai fini par m’éparpiller en réalisant un peu de tout, ici et là, sans être à mon meilleur nulle part.

La solution? Déléguer? Non! Déléguer c’est presque trop facile! Je dirais plutôt, ACCEPTER de déléguer. Pas facile pour l’orgueil, mais tellement essentiel à la survie.

Pour y parvenir, j’ai dû déterminer quelles étaient les tâches pour lesquelles j’étais indispensable et non, faire le déjeuner des enfants ou mes impôts n’entraient pas dans cette catégorie. Il m’a fallu sérieusement réfléchir sur mes forces, mes faiblesses et sur les milles et une tâches pour lesquelles je n’étais clairement pas la personne le plus efficace.

Soyons honnête, de nos jours, avec un brin de débrouillardise, du temps, Google et YouTube, on peut tout apprendre. Mais, justement, est-ce que j’avais envie de consacrer ce temps si précieux à ces tâches destinées à en gober une bonne partie? Poser la question, c’était y répondre.

Malgré l’évidence de cette réponse, c’est un choix plutôt déchirant qui m’attendait. À jouer à la pieuvre acrobate pendant toutes ces années, j’avais quelques résistances à laisser aller, même les tâches qui me pesaient au quotidien. Je devais pourtant me résoudre à passer à l’action et oser demander de l’aide.

Or, si demander de l’aide a été difficile. L’accepter l’a été tout autant sinon plus. En fait, pas tant l’accepter que de la saisir quand elle se proposait. J’ai dû sortir mes antennes pour enfin voir venir à moi des propositions bénévoles, de l’échange de services et, évidemment des offres de professionnels dans les domaines où je souhaitais maintenant déléguer (par exemple le ménage…)

Aujourd’hui, je peux dire que je veux que tout soit fait, mais pas nécessairement par moi. Fini la pieuvre acrobate! J’accepte que les choses ne soient pas faites à ma façon, tant que c’est bien fait et que le but est atteint. En ce qui concerne mes enfants, si les besoins de bases sont comblés et enrobés d’amour, à quoi bon critiquer? Du côté professionnel, je garde les mots et j’offre au monde entier l’opportunité de briller dans les tâches qui le passionne et pour lesquelles, force est d’admettre, je ne suis pas la meilleure.

9 mai, 2016|0 commentaire

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

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