Chère performante…

Chère performante…

Par Tania Boucher

Tu fais probablement une brassée de lavage en même temps que tu me lis… ou encore tu aides ton p’tit dernier avec ses devoirs. Après tout, le multitâche, tu connais bien. Mais bon, tu es belle, tu es bonne, tu es fine et t’es capable, nous le savons toutes les deux. Tu peux bien me lire quelques minutes alors que le reste de ta vie file à grande vitesse. Tu vas y arriver, tout le monde te le dis. Tu es forte, toi. Mais toi et moi, nous le savons, ce n’est pas comme ça que tu te sens à l’intérieur.

Dans cette course folle, tu sens que tout peut si facilement s’écrouler, que tu peux te perdre à chaque instant et que plus on te perçoit forte, plus tu te sens anxieuse et rongée par le dedans.

Dis-moi, à combien de reprises te répètes-tu « Je vais y arriver » dans une journée? Pour t’encourager, certes. Pour te faire croire que tout est ou sera sous contrôle. Y crois-tu réellement? J’en doute. Peut-être même qu’une larme se pointe au coin de ton œil présentement, alors que tu me lis, ressens et penses à ta laveuse qui vient de terminer sa brassée. Saches que si j’étais près de toi, je te prendrais dans mes bras.

Je te dirais que tu as le droit d’être parfaitement imparfaite. Que tu as le droit d’échouer (d’apprendre), d’arrêter de courir à travers tous tes rôles (de ralentir), de déléguer (de respirer) et de dire non (de te respecter).

Parce que toi, la performante, tu n’es pas celle à qui on offre de l’aide d’emblée. Tu dois la demander. Demandez et vous recevrez, ça te dit quelque chose? Peut-être pas encore, mais essaie-le. Surprends-toi. Demande, ouvres les bras et remercie. Tu seras surprise. Essaies-le plusieurs fois, juste pour être certaine que tu n’hallucines pas et pour constater que tu reçois réellement de l’aide. Observe ce qui se passe en dedans. Comment tu te sens quand tu lâches du leste et prends un temps de recul pour toi. Comment tu te sens, même si c’est différent, quand tu ne tentes pas de tout faire, de tout contrôler. Quand tu te permets d’être plutôt que de faire.

En fait, je t’écris, mais c’est peut-être un peu à moi aussi que j’écris…

Je pense que toi et moi, on se ressembles. On s’est croisées souvent. Essayer de ne pas croiser ton chemin trop souvent est un réel combat. C’est un apprentissage de tous les jours. C’est comme un conditionnement que j’essaie de défaire. Et tu sais quoi? Plus je ralentis, plus je m’accomplis. Et même sachant cela, j’ai encore besoin de me le rappeler. De trouver des preuves, de t’écrire pour te convaincre de ralentir, parce qu’une petite voix me le crie bien fort en dedans.

Je suis humaine et toi aussi. J’apprends, avec toi si tu le veux bien, à accepter ma vulnérabilité, ma fragilité. À laisser tomber le masque de la femme forte qui est belle, bonne, fine et capable. La femme qui va y arriver seule parce qu’elle l’a toujours fait. Si ça te dit, on jette le masque ensemble. Cette fois-ci, je veux le jeter suffisamment loin pour ne pas le retrouver. Mieux encore, écris-moi un petit mot sous ce billet. Si j’oublie ou le retrouve, tes mots pourront m’aider à me le rappeler.

Te reconnais-tu dans ce texte? Qu’est-ce que cela a fait résonner en toi? Merci de commenter!

À propos de l’auteur:

Consultante certifiée Nova et fondatrice de Ma voix, ta voie, j’aide les gens à ralentir pour s’accomplir par le biais d’outils efficaces et simples afin de faire rayonner leur personnalité unique. Par le biais du Profil Nova, je les accompagne à mieux se connaître, mieux communiquer et à s’aligner à leurs valeurs et motivations afin de passer à l’action en cohérence avec qui ils sont vraiment. Pour découvrir plus en détail ce que je propose: www.taniaboucher.com et www.mavoixtavoie.com

8 Commentaires

  1. fneuffer@bluewin.ch'
    Françoise 16 janvier 2017 à 7:37 ␣- Répondre

    Juste magnifique ! C est tellement le quotidien de pleins de femmes, et mères célibataires comme moi!

    Mille mercis pour ces mots qui m ont touchée en plein ❤️

    • Tania Boucher 16 janvier 2017 à 9:07 ␣- Répondre

      Merci Françoise, c’est un bonheur de savoir que mes mots ont su vous toucher. Nous cachons toutes cette chère performante en nous, il suffit d’en prendre conscience et de ne pas la laisser prendre toute la place. Douce journée ❤️

  2. sophalone@free.fr'
    Sophie 16 janvier 2017 à 9:27 ␣- Répondre

    Ce très juste texte doit parler à bien des femmes, et c’est mon cas ! Merci de nous aider à nous sentir moins seules dans ce cas, et de nous faire accepter que nous ne pouvons pas toujours être des « Wonderwomen » comme la société et l’entourage nous le demandent assez souvent… Belle journée à vous <3

    • Tania Boucher 16 janvier 2017 à 9:32 ␣- Répondre

      Merci Sophie pour votre commentaire. Effectivement, l’image de Wonderwoman est bien choisie! Plus le message sera partagé, plus les femmes sentiront leurs épaules allégées. Douce journée!

  3. rachelmichelbar@hotmail.com'
    Rachel Barrette 16 janvier 2017 à 11:08 ␣- Répondre

    Merci Tania pour ce beau texte, qui nous encourage à lâcher prise et à prendre le remps de respirer et de profiter du moment présent. Je pensais justement ce matin que si le ménage se fait seulement cet après-midi au lieu de ce matin ce ne serait pas si grave, n’est-ce-pas? Là je vais faire du yoga, pour moi… merci!
    Rachel

    • Tania Boucher 16 janvier 2017 à 11:37 ␣- Répondre

      Je suis bien en accord avec le yoga maintenant et le ménage cet après-midi ;) il n’en sera que plus joyeux à faire. Bonne journée Rachel!

  4. mahoule_2@hotmail.com'
    Marie-Andrée Houle 24 février 2017 à 8:32 ␣- Répondre

    Merci pour ces mots… Cela fait du bien de lire ce texte… je prends conscience de ce que je peux percevoir difficilement puisque je suis dans ce tourbillon. Avec du recul, après la lecteur de ce texte, je vais effectivement essayer :  »Oser demander  »… Merci.

    • Tania Boucher 25 février 2017 à 6:52 ␣- Répondre

      Quand l’on ose demander, le pire qu’il peut arriver, c’est se faire dire non ;) Alors, osons!

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