Ce n’est tellement pas juste!

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Ce n’est tellement pas juste!

Par Marie-Josée Guérin

*Note: Cet article participe à un carnaval d’articles ayant pour thème « Que représente le mot juste dans votre réalité? » Je vous invite à suivre ce carnaval et à aller découvrir les différents articles qui y sont proposés:

Et voici mon texte…

L’herbe est toujours plus verte chez le voisin… n’est-ce pas? Le pire est que, bien souvent, on ne comprend pas pourquoi. À la limite c’est presque de l’injustice parce qu’on a l’impression de travailler tout aussi fort sur notre petit bout de terrain pour un résultat moyen à nos yeux.

« Ce n’est tellement pas juste! »

L’herbe est toujours plus verte chez le voisin… du moins lorsqu’on regarde à partir de chez soi. Dès qu’on se place à la hauteur de l’autre, on constate que sa pelouse est bien souvent semblable à la nôtre.

Pourtant, on s’entête à la regarder de chez soi, bien campés sur nos positions et se confortant dans ce sentiment d’injustice qui nous prend aux tripes. On se met alors à imaginer mille et une raisons pour expliquer ce qui est en train de se passer :

« De l’envie? Non! C’est un péché de même penser prononcer ce mot. Mais bon, l’autre a une pelouse si verte, si brillante, si bien entretenue… c’est clair qu’il ne fait pas ça tout seul! Il doit payer quelqu’un! J’ai entendu dire qu’il avait eu recours à un engrais spécial. Je me demande si c’est légal? Je ne juge pas, mais… »

Vous voyez le genre?

Comme un miroir

Mais que veut dire ce sentiment d’injustice qui nous prend soudainement? De base, nous ne sommes pas de mauvaises personnes… non? Que signifie alors ce malaise que nous ressentons soudainement ?

Et si tout ça n’était pas à propos de l’autre, mais bien à propos de nous ? Y avez-vous déjà songé ? Car, même si on refuse de l’admettre, l’autre ne fait qu’exister et agir selon ce qui lui semble le mieux. Il n’y a donc pas d’injustice réelle, mais bien un jeu de perceptions souvent erronées, mais qui en disent long sur nos propres faiblesses.

Ouch ! Ça fait mal de l’admettre !

Pourtant c’est vrai. À partir du moment où quelque chose nous dérange ou fait envie chez l’autre, notre première réaction devrait être de nous tourner vers nous-mêmes pour nous demander ce qui dérange tant dans le fait que l’herbe soit plus verte chez le voisin… du moins en théorie !

Car elle est là la véritable injustice : nous n’avons, bien souvent, aucune idée de ce que vit réellement l’autre.

Et si on allait à la rencontre de l’autre ?

En prenant le temps de décortiquer ce qui nous dérange tant, nous finissons généralement par réaliser que c’est plutôt un choc de valeurs ou de choix contradictoires qui font en sorte que nous nous remettons en question. La porte est alors grande ouverte pour le jugement et le sentiment d’injustice qui vient avec.

Or, je vous invite à faire le test. Regardez la pelouse sur votre terrain, à partir de votre maison. Puis, toujours du même point d’observation, regardez autour. Effectivement, la pelouse des autres a généralement l’air plus verte.

Maintenant, sortez de chez vous et promenez-vous dans le quartier en prenant soin de vous arrêter devant les autres pelouses. Soudainement, vous verrez le même genre de petits défauts que chez vous : des brins plus jaunes, loin du vert immaculé que vous imaginiez un peu plus tôt. Vous y verrez peut-être même des espaces moins fournis alors que, de loin, ce n’était pas le cas.

Ce n’est peut-être pas si injuste après tout

Vous voyez où je veux en venir?

En fait, cet exercice ludique n’a pour but que de vous inviter à vous placer à la hauteur de l’autre. Pas seulement pour l’observer, mais bien pour aller à sa rencontre. C’est la seule façon de rendre les injustices de moins en moins injustes.

Car nous avons toujours l’impression que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin… n’est-ce pas ? Pourtant, c’est en travaillant à deux sur le petit bout de terrain de l’autre qu’il nous est possible de mieux comprendre, non seulement ses succès, mais aussi les défis et obstacles s’y rattachant. Ils ne sont peut-être pas les mêmes que les nôtres, mais ils peuvent être une source incroyable d’apprentissage. Il suffit qu’on ose d’abord se regarder dans le miroir pour comprendre que le fossé n’est pas si creux que ça et qu’il ne tient qu’à nous de créer une passerelle d’ouverture pour aplanir, du même coup, l’impression d’injustice.

Est-ce facile de faire un pas vers l’autre pour mieux le comprendre ? 

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

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