À toi qui n’écris pas…

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À toi qui n’écris pas…

Ça fait un moment que j’ai envie de t’écrire. Je sais que tu me lis régulièrement ou peut-être pas, mais j’ai confiance que mes mots sauront te rejoindre où que tu sois. Je sais, je sais, t’as une tonne de bonnes excuses pour te tenir loin de la plume qui t’habite. Tu invoques souvent le manque de talent, d’imagination ou le fait que tu n’es pas très bon en français. Mais ce ne sont que des excuses car, selon moi, tu parles à travers ton chapeau. Tu n’écris pas? Vraiment? Laisse-moi te prouver le contraire…

Bon, peut-être n’es-tu pas à l’aise avec l’écriture. Les raisons mentionnées ci-haut sont certainement de bons freins à ta perception de ta capacité à rédiger quelque chose qui se tient. Mais il faut faire attention, ce n’est certes pas tout le monde qui est doté d’une plume digne du Nobel de littérature. Écrire ne veut pas nécessairement dire « publier un roman » ou  « tenir un blogue ». Écrire englobe une foule de petits gestes auxquels tu n’accordes pas d’importance parce que, pour toi, écrire est synonyme de phrases compliquées avec des jeux de mots incroyablement brillants ou des rimes hallucinantes.

Je t’arrête tout de suite. J’ai à cœur de te faire prendre conscience à quel point l’écriture est présente dans ta vie et bien plus que tu ne le penses…

As-tu déjà calculé le nombre de textos que tu envoies chaque jour? Ne me dis pas que ce n’est pas pareil. À ce que je sache, tu dois aligner quelques mots afin que ton message soit compris. Que ce soit pour confirmer une rencontre, t’assurer que ta douce moitié ira chercher les enfants en fin de journée ou simplement pour dire « je pense à toi », tu dois faire l’effort d’écrire.

Mais ce n’est pas tout! Je me demande bien à combien de courriels tu réponds quotidiennement? Une réunion à planifier? Une question d’un client? Un problème à gérer? Laisses-tu le tout en suspens sous prétexte que tu n’écris pas? De grâce, arrête ça immédiatement! Comme toute personne professionnelle, tu prends le temps d’appuyer sur « répondre» et d’aligner quelques mots, parfois plus, pour maximiser l’efficacité de tes communications. N’est-ce pas une forme d’écriture?

Sans parler de Facebook! Ne crois pas que ça passe inaperçu! Tous ces mots pour décrire ce que tu fais, où tu le fais et comment tu le fais n’impliquent-ils pas une certaine forme d’écriture? À moins que tu ne te contentes que de repartager les publications des autres, mais encore là, ce geste sous-entend que tu as clairement envie de passer un message.

Bref, tu ne peux t’en sortir avec moi, je connais toutes les formes d’écriture que tu utilises.

Mais peut-être que pour toi, écrire à l’ordinateur ou via ton téléphone, ce n’est pas vraiment écrire. Comment crois-tu que j’ai écrit cet article? À la main? Jamais de la vie! Même si j’adore l’acte d’écrire à la main, j’ai tout autant que toi, le souci d’être efficace et la technologie moderne nous permet de pratiquer l’écriture de différentes façons donc pas de discrimination!

Néanmoins, malgré toute cette technologie, je sais que tu écris aussi à la main. Tu croyais vraiment que je n’allais pas me rendre compte de la multitude de listes que tu rédiges? Celle pour tes tâches quotidiennes, celle pour le ménage de la maison, celle pour ne rien oublier quand tu pars en vacances, celle que tu fais chaque semaine pour t’assurer d’acheter ce dont tu as besoin à l’épicerie… et tu n’écris pas? Étrange, quand ça implique un papier, un crayon et des mots, j’ai pour mon dire que c’est de l’écriture. On est loin des classiques français, mais il n’en demeure pas moins que c’est de l’écriture.

Et qu’as-tu à dire à propos de tous ces petits mots doux que tu laisses ici et là? Et au sujet des cartes de souhaits que tu offres?

Je sais, je sais, ce n’est pas pareil. Tout ceci n’a rien à voir avec un long texte, mais est-ce moins de l’écriture pour autant? Tu vois, au-delà du talent, de l’imagination ou de tes habiletés à maîtriser la grammaire, je tenais à te faire prendre conscience que tu écris beaucoup plus que tu ne le penses. Et en prendre conscience, c’est faire un pas de plus vers l’acceptation de ton style, de tes mots et de ton intention. Tu n’écris peut-être pas comme tu aimerais écrire, mais tu le fais à ta façon unique. Pour moi, c’est tout ce qui compte!

Vous vous êtes reconnu dans cet article? Partagez-moi vos impressions en commentaire.

À propos de l’auteur:

Marie-Josée est accompagnante en écriture créative et percutante. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a été l’amie des mots, s’intéressant tant à leur douce musique qu’à leur sens. Ses nombreuses années d’expérience en tant que rédactrice-réviseure lui ont ensuite permis de mieux saisir les liens qui unissent les gens à leur langage écrit ainsi que la réalité de l’entrepreneuriat.

Un commentaire

  1. syloti53@gmail.com'
    Sylvie 13 septembre 2016 à 2:24 ␣- Répondre

    Très belle définition de l’acte d’écrire. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écris. Un peu partout, des feuilles, des cahiers, mon agenda sont mes ressentis. C’est comme une poubelle pleine qu’il faut vider pour ne pas qu’elle déborde. Un besoin crucial. Certains mots sont rangés, d’autres détruits et parfois je les relis mais en n’ayant plus la même perception, les mêmes souffrances qu’au moment où je les ai écris.
    Je reproche à mon fils de ne jamais liker ou commenter mes publications, mais de le faire pour les autres.
    « Je ne te suis pas toujours maman »
    « Pour quelqu’un qui ne me suit pas toujours, tu sais tout ce que je fais »
    Voilà ! ! Ils sont comme ça les jeunes semble t-il !
    Mais je suis en désaccord. Il faut cesser de dire ils sont jeunes, donne leurs le temps de vieillir!! Mais à quel âge sont-ils vieux? Parce que 27 et 35 ans même s’ils demeurent mes enfants, ils ne sont plus jeunes non!!

    Dans toutes les exemples que vous donnez, ils touchent toutes les tranches d’âge.
    Ils apprennent à écrire leur prénom, maman et papa en tout premier, ils devraient ne pas l’oublier….
    Merci pour cette belle réflexion, j’ai adoré.

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